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	<description>La nuit, il n'y a pas un bruit. Et quand la lune luit : j'écris...</description>
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		<title>Interview L.M. Leek</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 20:17:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NightPapers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous recevons L.M. Leek, auteur à succès de nombreux livres tels que  Mémoires de l’ombre, Dans la nuit ou encore de l’inoubliable Les liens du sang, dont les droits d’adaptation ont été acquis par un grand studio Hollywoodien. L’homme, tout en simplicité et humour, nous parle de ses prochains ouvrages (qui ne manqueront pas d’être [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nightpapers.wordpress.com&amp;blog=1833804&amp;post=20&amp;subd=nightpapers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nous recevons L.M. Leek, auteur à succès de nombreux livres tels que  <em>Mémoires de l’ombre</em>, <em>Dans la nuit</em> ou encore de l’inoubliable <em>Les liens du sang</em>, dont les droits d’adaptation ont été acquis par un grand studio Hollywoodien. L’homme, tout en simplicité et humour, nous parle de ses prochains ouvrages (qui ne manqueront pas d’être des best-seller) et aborde le chemin parcouru jusqu’à cette notoriété durement gagnée. Entretien avec celui que les lecteurs et le milieu de l’édition ont surnommé « Mr. Typewriter ».</strong></p>
<p><strong>NightPapers</strong> : Monsieur Leek, bonjour. Vous nous avez fait l’honneur d’accepter cette entrevue, et pour cela toute l’équipe de NightPapers vous en remercie. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre prochaine sortie éditoriale ?</p>
<p><strong>L.M. Leek</strong> : Bonjour. Tout d’abord, c’est moi qui vous remercie de bien m’avoir invité. Je suis admiratif de votre travail et j’ai à plusieurs reprises pu découvrir celui-ci lors de différentes occasions. C’est donc à moi que revient l’honneur d’être dans vos locaux. Ceci étant dit, j’espère que votre directeur n’oubliera pas de m’offrir le café qu’il me doit après la dédicace d’un de mes livres ! (Rires) Où en étions-nous déjà ?</p>
<p><strong>NightPapers</strong> : Quelles seront les prochaines sorties vous concernant ?</p>
<p><strong>L.M. Leek</strong> : Je travaille actuellement sur les aventures d’un personnage solitaire. Un homme n’ayant plus aucune attache suite à une sombre histoire survenue dans le passé. Je finalise le premier roman qui sortira en milieu d’année prochaine. J’ai pour désir d’en faire une personne récurrente. Ce sera une « saga » en quelque sorte.</p>
<p><strong>NightPapers</strong> : Cette nouvelle devrait enthousiasmer vos lecteurs. Travaillez-vous à d’autres projets en parallèle ?</p>
<p><strong>L.M. Leek</strong> : Oui ! Je projette de me reposer une semaine ou deux dans un endroit paradisiaque (rires). Plus sérieusement, je vais co-diriger et j’ai co-scénarisé le script des <em>Liens du sang</em>, suite à la demande pressante des studios et du réalisateur lui-même. J’ai toujours aimé le cinéma, et voir une de mes histoires portée à l’écran m’intéresse grandement. J’espère qu’en y apportant ma « contribution », l’atmosphère du livre sera transposée sans trop de difficultés.</p>
<p><strong>NightPapers</strong> : Nous l’espérons aussi ! Quels critères, selon vous, ont attiré l’attention des producteurs et des studios pour vouloir à tout prix acquérir les droits des <em>Liens du sang</em> ?</p>
<p><strong>L.M. Leek</strong> : Excepté le fait qu’il soit en tête des ventes ? (Il réfléchit) Je pense que l’histoire les a intrigué, tout simplement. Vous savez, le Bien et le Mal, les secrets de famille, les révélations qui surgissent au moment où l’on s’y attend le moins… Tout cela mélangé à une bonne dose d’action et vous êtes pratiquement certain de tenir quelque chose d’appétissant. Du moins si vous ne ratez pas votre recette ! (Rires).</p>
<p><strong>NightPapers</strong> : Que pensez-vous du surnom que l’on vous attribue ?</p>
<p><strong>L.M. Leek</strong> : J’aimerais savoir d’où vient exactement ce surnom. Il est vrai qu’il y a quelques années j’écrivais énormément. Tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi ! (Rires) Lorsque j’ai débuté dans ce métier, je voyais la plupart de mes travaux refusés. J’étais triste mais j’ai fini par me faire une raison. J’ai donc entamé une carrière de <em>ghostwriter </em>pour payer mes factures. Ce fut une bonne époque car j’ai beaucoup appris sur le monde fermé et impitoyable de l’édition. J’ai commencé par écrire des articles sur des sujets souvent inintéressants, il faut bien l’avouer, pour plusieurs journaux  pour ensuite me recentrer sur des choses qui m’intéressaient plus. De fil en aiguille, j’ai tissé quelques contacts et on m’a proposé d’aider à la rédaction de romans, d’essais ou de biographies. Ça m’a plu mais j’ai ressenti le besoin de me réapproprier ma plume. D’écrire mes propres textes, mes propres histoires&#8230;  Ce fut long mais j’y suis finalement parvenu.</p>
<p><strong>NightPapers</strong> : Certains disent qu’il vient justement de cette époque. Où vous n’étiez pas connu et écriviez pour d’autres. Serait-ce possible ?</p>
<p><strong>L.M. Leek</strong> : Très certainement.</p>
<p><strong>NightPapers</strong> : écrivez-vous toujours autant ?</p>
<p><strong>L.M. Leek</strong> : J’essaye de m’adonner à d’autres activités. Comme la lecture, les promenades et les voyages.</p>
<p><strong>NightPapers</strong> : Monsieur Leek, merci beaucoup.</p>
<p><strong>L.M. Leek</strong> : Merci à vous.</p>
<p>Interview réalisée par M.E pour NightPapers.</p>
<p>Copyright © 2007 NightPapers, Inc. Tous droits réservés.</p>
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		<title>Jeu dangereux</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 17:36:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NightPapers</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[J’avais mal. Un mal atroce. Du sang sortait de ma bouche et, après avoir coulé le long de mon menton et de mon cou, avait terminé sa lente descente sur le col de ma chemise en soie blanche. Celui-ci avait dû virer au pourpre. Merde, une chemise à presque 100 dollars… Puisque je ne pouvais [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nightpapers.wordpress.com&amp;blog=1833804&amp;post=16&amp;subd=nightpapers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’avais mal. Un mal atroce. Du sang sortait de ma bouche et, après avoir coulé le long de mon menton et de mon cou, avait terminé sa lente descente sur le col de ma chemise en soie blanche. Celui-ci avait dû virer au pourpre. Merde, une chemise à presque 100 dollars…</p>
<p>Puisque je ne pouvais pas m’essuyer le coin des lèvres, ayant les mains attachées dans le dos sur le dossier d’une chaise branlante, je crachais le liquide rougeâtre sur le sol humide. Un homme de forte corpulence qui tenait un revolver par le canon, se servant de la crosse comme d’un marteau, se réjouissait apparemment de la scène. Oui, car c’était bien lui qui venait de m’asséner deux ou trois coups avec cette crosse si dure et si froide, me fracturant presque la mâchoire. Un autre homme, adossé sur un des murs, était tout aussi heureux du spectacle qui s’offrait à lui.</p>
<p>Mais comment en étais-je arrivé là ? <span id="more-16"></span></p>
<p>Deux semaines plus tôt, je débarquais dans cette vaste mégalopole qu’est New York. Cette ville ne dormant jamais, c’était parfait pour un gars comme moi. Je pouvais ainsi me faire du fric à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, cette dernière ayant ma préférence. Au crépuscule, il s’opère une sorte de magie : les gens sont plus détendus, moins sur leurs gardes, moins agressifs. Donc, la première des choses à faire, était de remettre mes finances à flot. Et pour ça, il n’y avait qu’un seul moyen. Du moins le seul que je connaissais. Laissant le peu que je possédais dans la chambre d’un hôtel miteux que je louais au nord de Manhattan, je me suis mis en quête d’argent frais. Une semaine plus tard, je connaissais les cercles de jeux où on jouait gros. Parce que c’était bien de ça qu’il s’agissait, de jeux et plus précisément de poker. Les cercles que j’ai commencé à fréquenter et où je ramassait le gros lot la plupart du temps étaient assez renommés : Le <em>Dirty Ace</em>, le <em>PlayGround</em>, le <em>Green Carpet Club</em> … Partout où il y avait de la monnaie à prendre, j’y allais. Mais quelquefois, il faut aussi savoir laisser un peu sur la table. C’est la règle. Ce soir j’ai été accepté au <em>Matriochka Lounge</em>, qui servait de tanière à Nicolaï, le propriétaire. Ça se trouvait dans Little Odessa. Comme à mon habitude, j’étais sur mon trente et un et prêt à me remplir les poches. Assez réjoui de partager la table de Nicolaï malgré sa réputation. On l’avait surnommé &laquo;&nbsp;Snowball&nbsp;&raquo; et pas seulement parce qu’il venait du froid. Ses gains s’accumulaient à une vitesse fulgurante pratiquement à chaque fin de partie telle une boule de neige qui augmenterait de diamètre lors du dévalement d’une pente. Mais on le soupçonnait aussi d’avoir des pratiques douteuses et on m’avait mis en garde. Il paraîtrait même que c’est sur ces pratiques qu’il avait pu ouvrir son établissement. Bref, je pensais plus au pactole que je pouvais amasser qu’à autre chose. Arrivé à la porte du Matriochka, deux imposants messieurs m’ont demandé mon identité et effectué une fouille sommaire :</p>
<p>- Ok, c’est bon tu peux entrer…</p>
<p>J’ai traversé un long et étroit couloir peu éclairé avant d’arriver à une autre porte. Elle avait un judas en forme de petite fenêtre coulissante s’ouvrant de l’intérieur. J’ai frappé trois coups comme on me l’avait ordonné, et j’attendais que le regard d’un homme apparaisse d’un instant à l’autre. Ce qui n’avait pas tardé.</p>
<p>- Ouais… ?</p>
<p>La voix était rocailleuse. Presque terrifiante. Je m’imaginais un mastodonte de plus de deux mètres, d’au moins 150 kilos, me dévisager comme si j’avais la peste.</p>
<p>- Je suis Newman, je viens pour la partie de poker. Celle avec Nicolaï.</p>
<p>Un bruit sourd m’indiquait que le chien de garde venait de refermer violemment le judas. J’ai entendu une clé tourner dans la serrure, et la silhouette du portier m’apparaissait alors dans son intégralité.</p>
<p>J’étais à moitié dans la pénombre et le filet de lumière qui s’échappait de la pièce m’avait presque aveuglé. Le gardien m’avait scruté une seconde fois avant de me lâcher :</p>
<p>- Pas mal la chemise… Suis-moi.</p>
<p>Je le suivais vers le fond de la salle dans laquelle flottaient une odeur de cigarettes, de renfermé, et une bonne humeur. Sur la droite j’ai aperçu un bar derrière lequel une femme s’affairait à verser des boissons dans des verres, mettre des crackers dans un petit bol transparent et enfin déposer le tout sur un plateau afin d’aller le remettre à une des tables de jeux. Au fur et à mesure que j’avançais, je me suis rendu compte que les regards se posaient sur moi et mon guide. J’ai vite compris qu’ils étaient adressés à moi plutôt qu’à nous. S’ensuivait des chuchotements que, bien sûr, je n’avais pas pu déchiffrer. Malgré ça, l’ambiance était on ne peut plus cool. Les types qui étaient là donnaient l’impression de passer un bon moment et cet endroit me plaisait bien.</p>
<p>Ce n’était pas faussement luxueux comme dans certains lieux où j’avais joué. Les murs, d’un blanc cassé impeccable, étaient décorés de tableaux représentants des paysages magnifiques disséminés un peu partout sur la planète. La musique de fond, relaxante à souhait, me faisait apprécier ce club encore plus. J’arrivais en bout de salle et là j’ai cru que j’allais devenir dingue. Une porte. Un morceau de papier écorné retenu par du ruban adhésif indiquait : Privé. Le gars qui m’avait ouvert la seconde et qui ressemblait fortement à ce que j’avais imaginé, à quelques centimètres près, ne s’était pas embêter à frapper. Normal, elle donnait sur un escalier qui finissait lui-même sur un sous-sol glauque. C’était assez petit dedans. Un peu trop d’ailleurs. Il y avait une table ordinaire, rien à voir avec celles hexagonales et recouvertes d’un tapis vert dans la salle principale, quatre chaises qui ne devaient pas être très confortable et une ampoule nue au plafond. Je croyais à une plaisanterie. Mais ça n’avait pas l’air d’en être une. Le type s’approchant plus d’un ours que d’un homme qui m’avait amené jusqu’ici m’avait lancé :</p>
<p>- Prends une chaise et patiente. Snowball et les autres ne devraient pas trop tarder…</p>
<p>Un quart d’heure plus tard, j’attendais toujours que mes adversaires arrivent mais je m’étais aperçu qu’ils n’étaient pas en retard et que c’était moi qui étais en avance. Dix minutes après, j’entendais quelqu’un descendre. Deux hommes sont apparus et j’ai pu reconnaître Nicolaï, alias Snowball, grâce à la description qu‘on m’en avait fait. La cinquantaine bien avancée, pas très grand, dégarni sur le dessus du crâne, barbe poivre et sel et ce sourire si particulier. Il n’avait pas jugé utile de s’habiller correctement. Un t-shirt froissé avec une inscription vantant les mérites d’une marque de boisson et un jean délavé sur des chaussures en cuir fatiguées et poussiéreuses. Après tout il était chez lui, qu’est-ce qu’il en avait à foutre ? Il serrait une sacoche noire dans sa main droite. Certainement ce qu’il comptait miser. Quant à l’autre bonhomme,il portait un pantalon de velours noir,une veste en cuir sur un pull à col roulé gris,des lunettes à monture fine et semblait plutôt nerveux. Pas de trace du troisième joueur. Snowball s’est approché de moi et m’a dit :</p>
<p>- Alors c’est vous hein ? Newman.</p>
<p>- Oui, et vous Nicolaï…, j&#8217;ai répondu tout en lui serrant la main.</p>
<p>- Faites comme tout le monde, appelez-moi Snowball.</p>
<p>L’homme à lunette s’appelait Johnson. Apparemment, lui aussi venait pour la première fois et n’était pas très à l’aise. Il avait sans doute dû apporter trop de crédit à ce qu’il avait entendu dire sur le fameux Snowball. A moins que ce ne soit le décor, minimaliste et peu rassurant, qui le faisait suer à grosses gouttes. J’espérais juste que ce mal-être n’allait pas foutre la partie en l’air. Elle l’était déjà un peu étant donné que la quatrième personne devant se joindre à nous n’était pas présente. Une sonnerie avait soudainement retentit. Snowball avait plongé la main dans l’une de ses poches et en avait sorti un téléphone portable dernier cri. Il s’était excusé et était sorti de la pièce par une porte contiguë, que je n’avais même pas remarqué jusqu’à ce qu’il l’emprunte, le temps de prendre l’appel. Au bout de deux ou trois minutes, il était revenu.</p>
<p>- Messieurs, désolé mais ce soir il n’y aura pas de poker.  Le gentleman qui devait se joindre à nous a un empêchement&#8230;</p>
<p>- Tant pis, a répondu Johnson, soulagé. Comme s’il venait d’échapper à la chaise électrique.</p>
<p>- Oui… Par contre Mr Newman, je vous demanderais de rester.  J’aimerais bien que l’on fasse plus ample connaissance.</p>
<p>Je n’y voyais aucun inconvénient. Il avait sûrement dû entendre parler de moi comme moi j’avais entendu parler de lui. D’où cette partie de poker organisée mais qui malheureusement n’aura pas lieu. En tous cas pas ce soir.</p>
<p>- Bien sûr. Vous voulez peut-être échanger des trucs, avais-je lancé avec un sourire presque moqueur.</p>
<p>- Oui, peut-être…</p>
<p>Il m’avait rendu mon sourire. Le sien était toujours aussi énigmatique. S’en était suivie une discussion d’une demi-heure sur l’attitude des types bluffant à tout va,des combinaisons possibles suivant la main que l’on possédait et de ceux pensant être des professionnels alors qu’ils perdraient même face à un âne. Pour lui, il fallait posséder une véritable maîtrise de soi pour pouvoir pratiquer cette discipline qu’était le poker. Je le pensais aussi. Finalement, il était plutôt sympathique ce Snowball. La vodka qu’une des serveuses avait apporté et qu’il m’avait fait boire, presque de force, commençait à faire son effet. Je n’avais bu que trois verres mais, étant peu habitué à l’alcool, je commençais à avoir la migraine.</p>
<p>- Qu’avez-vous Mr Newman, ça ne va pas ?</p>
<p>- Si si, très bien, ai-je menti. Juste un peu fatigué…</p>
<p>Il me regardait comme si j’allais m’écrouler dans la minute.</p>
<p>- Vous êtes sûr Mr Newman ? Je peux vous faire apporter un verre d’eau si vous le souhaitez ?</p>
<p>- Non, non ça ira. Merci.</p>
<p>- Bien. Veuillez m’excuser un instant.</p>
<p>- Je vous en prie.</p>
<p>A peine levé de sa chaise, il avait déjà l’oreille collée à son téléphone et disparaissait dans les escaliers. Il avait laissé sa sacoche sachant que, de toutes façons, je n’allais pas y laisser traîner mes mains. Je n’y songeais même pas. En revenant, il était accompagné de l’homme-ours. J’ai eu un drôle de sentiment. L’employé de Snowball me regardait avec une haine injustifiée alors que ce dernier avait son éternel sourire en coin.</p>
<p>- Dites-moi Mr Newman, que pensez vous des tricheurs ?</p>
<p>- Des… des tricheurs ? j&#8217;ai répondu un peu déboussolé par sa question.</p>
<p>- Oui. Vous savez… ceux qui ne respectent pas les règles du jeu.</p>
<p>Un souterrain insalubre ressemblant à un vieux cachot perdu quelque part au fin fond d’une contrée reculée,un homme craint de tous venu de l’autre coté du globe et un de ses sbires bâti comme une armoire à glace. Je faisais sûrement un mauvais rêve et j’allais me réveiller en sursaut. Mais quand j’ai vu le subordonné de Snowball manier un revolver tout en m’intimant l’ordre de me rasseoir sur la chaise que j’avais renversée en me relevant d’un coup, j’ai su que je n’étais pas dans mon lit.</p>
<p>- Vas-y Kenny, attache-le.</p>
<p>Le dénommé Kenny s’est approché de moi tout en sortant un long morceau de fil électrique de sa poche et me tenait toujours en joue. Il me maintenait assis et m’attachait fermement les poings dans le dos.</p>
<p>- Vous ne m’avez pas répondu Mr Newman. Que vous inspire un tricheur ?</p>
<p>- Je sais pas moi. Quelqu’un qui tente sa chance…</p>
<p>Quelque chose avait violemment cogné contre ma tempe gauche et je me suis surpris à émettre un son que je ne croyais pas possible. Le balaise à la mine patibulaire venait de me frapper avec son flingue. Snowball lui, avait émit une sorte de gloussement de satisfaction.</p>
<p>- Mr Newman, allons… soyons sérieux. Vous pensiez vraiment vous en tirer comme ça ?</p>
<p>- Excusez-moi mais… je pourrais savoir de quoi on parle au juste ?</p>
<p>Kenny l’ours s’était posté face à moi, toujours menaçant, son patron se tenant contre le mur sur ma droite.</p>
<p>- Nous parlons du fait que vous vouliez &laquo;&nbsp;tenter votre chance&nbsp;&raquo; ici ce soir Mr Newman. Mais voyez-vous, un joueur tente sa chance alors qu’un tricheur tente le diable. Vous comprenez ?</p>
<p>- Désolé, mais je ne vois pas du tout à quoi vous faites allusion. Vraiment …</p>
<p>- Ah oui ?</p>
<p>- Oui.</p>
<p>- Vous-en êtes bien sûr Mr Newman ?</p>
<p>- On ne peut plus sûr… Certain même…</p>
<p>- Ok… Voyons si cette certitude résiste à la crosse d’un Colt 38.</p>
<p>Mes dents, elles, avaient résistées. Ce n’était pas le cas de certains vaisseaux sanguins. Quant à ma certitude, j’étais certain que j’allais tuer cet enculé de Kenny dès que mes mains seraient à nouveau libres. Oui, j’en étais persuadé.</p>
<p>- Alors Mr Newman, qu’avez-vous à dire ?</p>
<p>Je me gargarisais avec le liquide au léger arrière-goût salé qui avait envahi ma bouche et le rejetait d’un jet habile devant moi. Il avait atterri sur le pantalon de mon tortionnaire. Ce qui m’avait valu une autre et fracassante rencontre avec le métal glacial de la célèbre arme à feu au deux chiffres.</p>
<p>- Hey hey doucement Kenny… Il faut que Mr Newman puisse continuer à parler …</p>
<p>Je sentais une pointe d’ironie dans sa remarque. Je ne savais pas dans quel pétrin je venais de m’embourber, mais il fallait absolument que je sorte d’ici :</p>
<p>- Il doit y avoir une putain d’erreur, j&#8217;ai jamais triché de ma vie !</p>
<p>- Le problème avec vous autres, c’est que vous croyez être plus intelligents que le reste du monde…</p>
<p>Il avait fait un signe à Kenny et celui-ci pointait maintenant le revolver droit sur moi. Rabattant le chien et souriant tel un gosse qui recevait un énorme cadeau de Noël. Il caressait la détente avec une affection troublante et devait secrètement rêver que son Boss lui donne le feu vert pour m’exécuter.</p>
<p>- Mais bordel de merde, je suis pas un tricheur !</p>
<p>- Je me suis renseigné sur vous Mr Newman. Le peu que j’en sais est que cela fait à peu près deux semaines que vous avez atterri dans notre belle cité. Je me demande même si Newman est réellement votre nom. Depuis votre arrivée, vous avez écumé une grande partie des clubs de jeux, et ce, sept jours par semaine. D’où venez- vous ? Personne ne le sait et cela ne m’inspire pas confiance. D’autant plus que vous avez remporté la plupart sinon la majorité des parties de poker auxquelles vous avez participé. Empochant au passage une petite fortune. D’où mon scepticisme quant à la régularité de votre façon de jouer. Que penseriez-vous d’un homme débarquant de nul sait d’où et amassant au fur et à mesure des sommes d’argent de plus en plus conséquentes ? Moi, je chercherais à savoir d’où lui vient cette chance inexplicable…</p>
<p>Bien que ce qu’il venait de dire n’était pas dénué de bon sens, je ne pouvais pas le laisser entrevoir qu’il avait, quelque part, raison. Pas dans la position dans laquelle j’étais. Sinon, on retrouverait probablement mon corps flotter au large de Brighton Beach. Une balle dans le crâne.</p>
<p>- Vous ne cédez pas et je dois avouer que vous avez du cran. C’est bien. Mais je ne vais pas me contenter de ça…  Combien avez-vous sur vous ?</p>
<p>- Qu… quoi ?</p>
<p>- Je parle de dollars, Mr Newman. Ceux que vous avez apportés pour miser. Combien ?</p>
<p>- 15000 dollars…</p>
<p>- Où les cachez-vous ?</p>
<p>- Dans la poche interne droite de ma veste.</p>
<p>Kenny avait saisi l’enveloppe en papier kraft que je gardais jalousement. Il l’avait jeté sur la table qui me séparait de Snowball et ce dernier lui ordonnait de compter les billets. Il s’était assis sur la chaise qui faisait face aux escaliers et qui se trouvait sur mon coté droit. Il avait posé le revolver dans un coin et commençait son calcul. Après trois minutes, tout en fourrant mon fric dans la sacoche, il a lâché :</p>
<p>- J’ai pas fini, mais je crois bien qu’il y a quinze mille dollars…</p>
<p>- Parfait. Considérez ceci comme le prix de votre ticket de sortie, Mr Newman. Détache-le…</p>
<p>Débarrassé de mes liens, je me massais les poignets pour réactiver la circulation sanguine et Kenny était retourné s’asseoir pour finir sa comptabilité. Je m’apprêtais à monter les escaliers quand Snowball m’a lancé :</p>
<p>- Comprenez bien, Mr Newman, qu’à l’avenir, votre présence en ces lieux ne sera aucunement tolérée.</p>
<p>En me tournant dans sa direction, Kenny s’était empressé d’ajouter d’un air moqueur :</p>
<p>- Ouais, tu sais maintenant ce qu’on leur fait aux indésirables dans ton genre. Allez, casse-toi !</p>
<p>A ce moment là, j’ai été submergé d’une sensation indescriptible. Le visage en sang, une chemise foutue, et allégé de 15000 dollars. C’était plus que je ne pouvais en supporter. Il avait à peine baissé les yeux pour se remettre à sa tâche, que je me jetais sur lui. Avec un réflexe déconcertant, il s’est emparé de son revolver et, avec ma main gauche, je repoussais sa main armée in extremis. Je la cognais contre la table pour lui faire lâcher prise mais n’y arrivait pas. J’ai alors violemment projeté sa tête en arrière et elle est allée percuter le mur se trouvant derrière. Le revolver est tombé à terre et je m’en suis emparé en me relevant comme pris de panique. J’ai reculé de plusieurs pas et je le braquais sur lui. Il n’avait pas la moindre frayeur dans ses yeux. Lorsqu’il avait posé son jouet, il avait relevé le chien et je le rabattais aussitôt en position de tir.</p>
<p>- Qu’est-ce que tu vas faire ? Me tuer ?</p>
<p>Il riait comme si je venais de lui raconter une bonne blague. J’ai entendu un déclic et j’ai vu que Snowball était immobile, brandissant un pistolet à canon court, d’allure étonnamment féminine pour un homme de sa trempe. Il était donc armé mais préférait laisser le sale boulot à son subalterne.</p>
<p>- Tu sortiras pas vivant d’ici petite merde !</p>
<p>Lorsqu’il a avancé son bras dans ma direction, je l’ai visé et j’ai appuyé sur la détente. Il s’est effondré et a lâché son arme dans un dernier soupir. Kenny n’avait pas perdu de temps et avait sorti un couteau. Décidément, il était bien équipé. Il l’agitait dans tous les sens mais semblait oublier qu’il n’était plus en position de force.</p>
<p>- Lâche ça. Joue pas au con, Kenny, joue pas au con…</p>
<p>Il tenait à présent le couteau par la lame et avait engagé un mouvement comme pour le lancer. J’ai tiré deux coups de feux et il s’est lourdement écroulé sur le sol. Tout était fini. Je suis retourné à la table et j’ai rassemblé les billets. Je les ai remis dans l’enveloppe et celle-ci dans la poche de ma veste. La bouteille de vodka s’était renversée mais il subsistait un peu de liquide dans le fond.</p>
<p>Je me suis rincé la bouche avec et j’ai recraché le tout. Je me suis subitement rappelé qu’une partie de mon blé était dans la sacoche. Celle-ci gisait à terre, ouverte, et plusieurs coupures de 100 dollars, éparpillées ça et là, s’en échappaient. J’ai tout ramassé. Ensuite, j’ai enfoncé le revolver dans ma ceinture, boutonné ma veste, et passé la porte que feu Snowball avait ouverte plus tôt cette nuit. En atteignant la dernière marche d’un escalier extérieur, je découvrais qu’elle donnait sur une ruelle sombre. Je me  suis dirigé vers le lampadaire situé dans une rue perpendiculaire et  me suis dit qu’une bonne douche, un peu de repos loin de la grosse pomme, et un don anonyme à une œuvre caritative seraient les bienvenus.</p>
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		<title>Le braquage</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 16:28:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NightPapers</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[- 19h22 - Ils étaient trois. Travis, l’instigateur, Buddy et Seth. Ce devait être simple. Un coup sans accroc. Du moins c’est ce qu’avait affirmé Travis à ses deux complices lorsqu’il leur avait proposé le braquage de cette épicerie. Le magasin fermant à 19h30, il n’y aurait à vrai dire personne ce qui leur laisseraient [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=nightpapers.wordpress.com&amp;blog=1833804&amp;post=10&amp;subd=nightpapers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;">- 19h22 -</p>
<p style="text-align:left;">
<p>Ils étaient trois. Travis, l’instigateur, Buddy et Seth. Ce devait être simple. Un coup sans accroc. Du moins c’est ce qu’avait affirmé Travis à ses deux complices lorsqu’il leur avait proposé le braquage de cette épicerie. Le magasin fermant à 19h30, il n’y aurait à vrai dire personne ce qui leur laisseraient le champ libre pour passer à l’action. Pénétrer cagoulés, arme au poing, demander à l’épicier d’ouvrir sa caisse était pour ainsi dire un jeu d’enfants. Il en fut, malheureusement, autrement. L’affolement général, l’entêtement de l’épicier et la balle logée dans le corps d’un client — qui n’aurait pas dû se trouver là —, avaient fait du plan de Travis un fiasco.</p>
<p style="text-align:center;">- 20h07 -</p>
<p style="text-align:left;">
<p style="text-align:left;">La police était sur les lieux depuis près de quarante minutes, maintenant, cependant rien n’avait changé. Si ce n’est que la personne blessée, perdant de plus en plus de sang, allait certainement y laisser sa peau. Travis, désemparé, avait beau essayer de trouver une solution mais il n’y en avait aucune. Sinon se rendre. Cette option était inenvisageable. Ils passeraient la majeure partie de leur vie en prison, et rien qu’à cette idée, Travis en tremblait.</p>
<p style="text-align:left;">— Qu’est-ce qu’on va faire ? demanda Buddy à Travis.</p>
<p style="text-align:left;">— J’en sais rien ! J’en sais rien…, lâcha Travis qui bafouillait agenouillé près du blessé.</p>
<p style="text-align:left;">Seth s’était retranché derrière le comptoir avec l’épicier en guise d’otage. C’était Buddy qui, dans un manque de maîtrise totale, avait tiré en direction du client qui venait de pousser la porte de l’épicerie trois minutes après qu’eux-mêmes fussent entrés. La balle avait traversé la vitre et s’était enfoncée à hauteur de poitrine. Après quoi, ils avaient traîné la victime à l’intérieur, baissé le rideau de fer de moitié pour qu’ils puissent voir ce qui se passait dehors et fermé la porte à clé. Plusieurs véhicules de police étaient dans la rue et le SWAT n’allait certainement plus tarder. La détonation avait alerté le voisinage et quelqu’un s’était chargé d’appeler les flics. Les appels fait au mégaphone demandant aux occupants de l’épicerie de sortir, mains en l’air, sont resté sans effet.  Le rideau de fer à moitié tiré, laissant savoir ce qui se tramait à l’extérieur, avait dissuadé les forces de l’ordre d’agir ou de tenter quoi que ce fût. Les trois braqueurs en étaient conscients : cette situation n’allait pas durer éternellement.</p>
<p style="text-align:left;">— Faut qu’on se tire d’ici ! aboya Seth.</p>
<p style="text-align:left;">— Et tu veux faire comment ? fulmina Travis.</p>
<p style="text-align:left;">Buddy, lui, n’arrêtait pas de scruter la rue, dissimulé derrière des cartons, afin d’éviter de se faire tirer dessus par d’éventuels tireurs d’élite postés dans l’immeuble d’en face. La sueur perlait de son front et le col de son sweat-shirt était humide.</p>
<p style="text-align:left;">— Seth a raison. Faut qu’on se taille !</p>
<p style="text-align:left;">Seth plaqua le canon de son pistolet contre la pomme d’Adam de l’épicier et lui demanda si on pouvait sortir par derrière. Celui-ci répondit que non. Il n’y avait que l’arrière boutique pour stocker la marchandise, cette pièce n’ayant aucune porte. La seule issue était donc la porte d’entrée de l’épicerie.</p>
<p style="text-align:left;">— Et merde ! jura Seth.</p>
<p style="text-align:left;">Buddy quitta son poste d’observation pour rejoindre Travis qui tentait tant bien que mal de panser la blessure de la victime avec des serviettes en papier prises sur une étagère dans un des rayons du magasin. Buddy le regardait faire sans ciller. Comme si Travis était un moniteur de la Croix-Rouge et accomplissait une démonstration sur un mannequin et qu’il était son élève. Travis, voyant cela, devint de plus en plus nerveux. Il dit à Buddy :</p>
<p style="text-align:left;">— Au lieu de me regarder, aide-moi !</p>
<p style="text-align:left;">— Ouais… OK.</p>
<p style="text-align:left;">Seth se pencha sur le coté pour voir dans quel état était l’homme ensanglanté. C’était de pire en pire. Si l’homme venait à mourir, ils prendraient tous la réclusion criminelle à perpétuité.</p>
<p style="text-align:left;">— Il lui faut un docteur. Il faut qu’il sorte !</p>
<p style="text-align:left;">— Non, c’est pas possible, dit Buddy. Si on le fait sortir d’ici, ils vont nous avoir.</p>
<p style="text-align:left;">— Il perd tout son sang, bordel ! Tu comprends pas qu’il va crever, s’il reste là ?</p>
<p style="text-align:left;">Travis tenta de les calmer.</p>
<p style="text-align:left;">— Arrêtez ! Fermez-la. C’est vrai, il a raison, on peut rien pour lui. On va négocier avec eux. C’est la meilleure chose à faire.</p>
<p style="text-align:left;">— Quoi ? dit Buddy. T’es dingue ? Ils vont nous buter j’vous dis !</p>
<p style="text-align:left;">— Va te faire foutre, Buddy, cria Seth dans un excès de colère. Si t’avais pas foutu tout ce bordel, on n’en serait pas là !</p>
<p style="text-align:left;">Buddy foudroya Seth du regard. Il ramassa son pistolet et le braqua soudainement vers lui.</p>
<p style="text-align:left;">— Qu… quoi ? Répète ça.</p>
<p style="text-align:left;">Seth braqua à son tour son arme sur Buddy.</p>
<p style="text-align:left;">— Tu comptes faire quoi ? Me tirer dessus aussi, hein ?  Vas-y, essaye un peu.</p>
<p style="text-align:left;">Travis intervint.</p>
<p style="text-align:left;">— Calmez-vous, nom de dieu ! On est déjà assez dans la merde comme ça ! Arrêtez vos conneries !</p>
<p style="text-align:left;">Buddy, toujours à cran, gueula :</p>
<p style="text-align:left;">— Si cet enculé n’avait pas refusé d’ouvrir sa putain de caisse, on serait pas dans cette merde. Je devrais lui foutre une balle dans la cervelle !</p>
<p style="text-align:left;">— Quoi ? Putain mais t’es complètement dingue !  Travis, dis-lui.  Dis-lui, qu’il pète un câble !</p>
<p style="text-align:left;">— Fermez vos gueules ! cria Travis. Buddy, lâche ce flingue !</p>
<p style="text-align:left;">Buddy n’avait que faire des ordres de Travis.</p>
<p style="text-align:left;">— Lâche ce flingue, j’t’ai dit !</p>
<p style="text-align:left;">Buddy, dans un instant de lucidité, demanda :</p>
<p style="text-align:left;">— D’ailleurs, y a combien dans cette caisse ?</p>
<p style="text-align:left;">— Qu… quoi ?</p>
<p style="text-align:left;">— Dans la caisse, y a combien ? On n’a même pas vérifié.</p>
<p style="text-align:left;">Buddy, redressé par-dessus le comptoir, visait à présent l’épicier et lui ordonna d’ouvrir la caisse sans quoi il lui tirerait une balle dans chaque jambe jusqu’à ce que son chargeur soit vide. Celui-ci fit ce qu’on lui demanda. Buddy passa derrière la caisse et s’empara des billets. Il vérifia qu’il n’y avait rien sous le plastique thermoformé servant de rangement aux pièces et se mit à compter les billets.</p>
<p style="text-align:left;">— 425 dollars, tout ça pour 425 dollars ! Fils de pute, j’vais me le faire !</p>
<p style="text-align:left;">Il colla son arme au sommet du crâne de l’épicier et, avant que Seth ne puisse l’en empêcher, appuya sur la détente.</p>
<p style="text-align:left;">
<p style="text-align:center;">- 20h24 -</p>
<p>Le SWAT venait à peine d’arriver et le mégaphone se fit entendre. Les policiers dirent que si les occupants ne sortaient pas, les mains bien en évidence, ils passeraient à l’action. C’était leur dernier avertissement. L’équipe du SWAT s’était déployée. Il faisait nuit depuis un moment et le déroulement des opérations serait difficile. A l’intérieur de l’épicerie, la lumière avait été allumée. La lueur sortant par la portion de la vitrine non recouverte par le rideau de fer. Seth, recouvert du sang de l’épicier, était sous le choc. Au bout d’un instant, il se redressa et braqua son pistolet en direction de Buddy. Sans dire un mot. Travis, quant à lui, implorait Buddy de lâcher son arme. Voyant Seth le mettre en joue, Buddy fit de même.</p>
<p>— Désolé, Seth, je pouvais pas. Je pouvais pas…</p>
<p>Seth, comme dans un état second, appuya sur la détente et toucha Buddy à l’épaule gauche. Buddy hurla de douleur mais réussit à tirer et Seth fut transpercé d’une balle en pleine gorge. Il s’écroula lourdement sur le sol, près de l’épicier. Pris d’une brusque paranoïa et dans un effort surhumain, Buddy se tourna vers Travis le menaçant de son pistolet.</p>
<p>À 20h28, des coups de feux détonnèrent puis la vitre de l’épicerie vola en éclats. Des bombes fumigènes avaient été lancées puis d’autres coups de feux retentirent. Lorsque la fumée se dissipa, toutes les personnes se trouvant dans l’épicerie furent à terre baignant dans leur sang.<strong> </strong></p>
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